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1- Le Covid-19, une bonne nouvelle pour les espèces sauvages, Le Monde, maj le 17/03/20 à 05h49, Perrine Mouterde et Simon Leplâtre

Après l’apparition du SARS-CoV-2, Pékin a annoncé des mesures pour endiguer la vente et la consommation d’animaux sauvages. Mais des secteurs cruciaux, comme la médecine traditionnelle, en sont exclus.
Des cages empilées les unes au-dessus des autres. Des excréments de tortues qui tombent sur une civette, le sang d’un porc-épic blessé qui dégouline sur un pangolin. Des animaux tout juste égorgés posés à même le sol. Et des hommes travaillant mains nues au milieu de dizaines d’espèces différentes.
Ces images de marchés aux animaux vivants, présents notamment dans les régions rurales chinoises, ont été remises en lumière avec l’apparition du SARS-CoV-2, les premiers cas d’infection ayant été signalés autour du marché aux animaux de Huanan, à Wuhan, dans la province du Hubei en décembre 2019, la chauve-souris et le pangolin en particulier étant soupçonnés d’avoir servi d’hôtes intermédiaires au virus.
Mais depuis bientôt trois semaines, ils ont fermé leur porte. Ce sera peut-être l’un des rares « bénéfices » de cette pandémie : alors que le commerce d’animaux sauvage proliférait en Chine, les autorités ont annoncé des mesures pour l’endiguer.
Dans une série de décisions visant notamment à « éliminer les mauvaises habitudes de consommation excessive de faune sauvage », le Congrès national du peuple a interdit, le 24 février, la chasse, le commerce, le transport et la consommation d’animaux sauvages terrestres à des fins alimentaires. Fin janvier, les autorités chinoises avaient déjà annoncé une interdiction temporaire de la vente de ces espèces dans les restaurants, les marchés ou sur Internet.


Des failles pour les trafiquants
Ces mesures ont été saluées par les organisations de protection des animaux à l’instar de la Wildlife Conservation Society (SWC), située à New York, qui juge cette décision « cruciale et positive ». « Une répression plus stricte du commerce international et illégal d’espèces sauvages, telle qu’annoncée par la Chine, ne peut être que positive, estime aussi Ivonne Higuero, secrétaire générale de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites). Ce trafic a des conséquences dévastatrices en termes d’extinction d’espèces et de pertes d’habitats. »
Désormais, les appels se multiplient pour que cette interdiction soit permanente et inscrite dans la loi de protection de la faune sauvage, qui doit être révisée cette année. En 2003, après l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), qui avait également débuté en Chine, le commerce d’animaux sauvages n’avait été interdit que quelques mois.
Dix-sept ans plus tard, l’ampleur de la pandémie de Covid-19, qui a contaminé plus de 175 000 personnes à travers le monde et fait plus de 7 000 morts, laisse présager une attitude plus ferme des autorités. Si les revenus du secteur de l’élevage d’animaux sauvages sont estimés à 600 milliards de yuans (77 milliards d’euros), les pertes pour l’économie chinoise associées à cette crise sanitaire pourraient être d’une tout autre ampleur. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) table par exemple sur une croissance à 4,9 % en 2020, contre 6,1 % en 2019.
« Ils sont aujourd’hui nombreux, en Chine, à dire que la santé de 1,4 milliard de personnes est plus importante que les bénéfices d’un petit nombre de commerçants », explique Peter Li, professeur associé à l’université américaine de Houston-Downtown et spécialiste des politiques chinoises en matière de bien-être animal. « Il y a une prise de conscience des autorités, estime aussi Céline Sissler-Bienvenu, directrice de la branche française du Fonds international pour la protection des animaux (IFAW). Mais elles vont aussi devoir travailler à sensibiliser les consommateurs à ces décisions, qui vont à l’encontre de traditions millénaires. »
Si les mesures annoncées incluent la consommation d’animaux sauvages, encore pratiquée par une petite partie de la population, d’autres secteurs échappent toutefois aux restrictions. C’est le cas notamment de l’industrie de la fourrure et de la médecine traditionnelle. La recherche médicale, l’élevage d’animaux pour les zoos et les animaux aquatiques sont également exclus des décisions. « Les trafiquants vont potentiellement pouvoir utiliser ces failles », a souligné la SWC.


Cornes de saïga et bile d’ours
D’après une enquête de Reuters de mars 2019, des entreprises du secteur de la médecine traditionnelle, comme Kangmei Pharmaceutical et Tong Ren Tang, ont reçu des autorisations pour produire des médicaments à base d’écailles de pangolins ou de cornes de saïga, une antilope en voie de disparition présente dans les steppes d’Asie centrale, deux espèces pourtant protégées en Chine. D’autres laboratoires élèvent des ours maintenus dans des cages étroites avec un cathéter dans le ventre pour extraire leur bile.
Loin d’être considérée comme une pratique alternative, la médecine traditionnelle chinoise est un secteur industriel qui pèse 54 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et croît de 11 % par an. Elle a connu un regain de popularité sous l’impulsion de Mao Zedong, qui l’utilisa dans les années 1960 comme instrument du « soft power » chinois à l’étranger. Une politique renforcée par le président Xi Jinping, au pouvoir depuis 2012, qui a fait de l’affirmation de la culture chinoise l’un des axes de sa politique étrangère. Son offensive a été couronnée de succès quand l’OMS a inclus pour la première fois, en mai 2019, un chapitre sur la médecine traditionnelle chinoise dans la nouvelle version de la Classification internationale des maladies.
Signe que le secteur est sous pression, beaucoup de publicités pour des médicaments à bases d’espèces protégées, encore visibles en ligne il y a quelques mois, ont toutefois disparu ces dernières semaines. L’industrie de la fourrure, dont dépendent environ sept millions d’emplois directs ou indirects, constitue également une source de revenus importants pour plusieurs provinces du pays.
Pour Peter Li, bannir totalement le commerce d’animaux sauvages semble, pour l’instant, un objectif trop ambitieux. « Il faut y aller étape par étape », recommande-t-il. D’autres, comme l’IFAW, appellent au contraire à une interdiction complète. « Face au risque de disparition des espèces et d’apparition d’une maladie émergente, il faut une approche globale », plaide Mme Sissler-Bienvenu.
Conséquence des mesures annoncées par Pékin, des élevages de tortues, de serpents ou de rats des bambous, jusqu’ici encouragés par les autorités pour favoriser le développement des zones rurales, sont désormais à l’arrêt. Ce serait le cas d’au moins 19 000 d’entre eux, selon des chiffres du quotidien britannique The Guardian. Des fermetures brutales qui plongent dans l’incertitude les éleveurs, soudainement privés de revenus. Le sort des animaux qui se trouvent dans ces fermes est lui aussi en suspens. « Nous sommes très inquiets, reconnaît Mme Sissler-Bienvenu. Comment ces éleveurs vont-ils être accompagnés ? Et que va-t-on faire des animaux ? »
<https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/17/le-covid-19-une-bonne-nouvelle-pour-les-especes-sauvages_6033331_3244.html>

 

 

 

2- Une lueur d'espoir pour le rhinocéros noir, selon l'UICN, AFP, 19/03/20, 15:00


Le rhinocéros noir d'Afrique, dont il reste moins de 6.000 individus en liberté, a vu sa population se rétablir doucement entre 2012 et 2018, se réjouit jeudi l'UICN, qui appelle à renforcer la lutte contre le braconnage.
L'espèce reste en danger critique d'extinction, précise l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à l'occasion de la mise à jour de sa Liste rouge, qui répertorie 116.177 espèces, dont 31.030 sont menacées d'extinction.
Le nombre de rhinocéros noirs en liberté en Afrique a augmenté légèrement, de 2,5% par an, pour passer de 4.845 animaux à 5.630, précise l'UICN. Les prévisions indiquent "une progression limitée au cours des cinq prochaines années", indique l'UICN.
"Si les rhinocéros en Afrique ne sont en aucun cas sauvés de l'extinction, la lente et continue augmentation des populations de rhinocéros noirs illustre les énormes efforts faits par les pays" où elles vivent, souligne Grethel Aguilar, directrice générale par interim de l'UICN, citée dans un communiqué.
Cette évolution est en grande partie due à des lois plus strictes et à la gestion des populations, avec des déplacements de rhinocéros d'une population à l'autre pour favoriser leur reproduction.
Il existe trois sous-espèces de rhinocéros noirs, l'une est "quasi-menacée" et les deux autres "en danger critique".
Le rhinocéros blanc, dont la population est plus importante, reste considéré comme étant "quasi menacé" selon la classification de l'UICN. 
La population de la sous-espèce des rhinocéros blanc du Sud a décliné d'environ 15% entre 2012 et 2017 à 18.000 individus, en grande partie à cause du braconnage dans le parc Kruger en Afrique du Sud, qui abrite la population la plus large de rhinocéros blancs, selon l'UICN.
L'autre sous-espèce, le rhinocéros blanc du Nord, est "en danger critique" d'extinction, voire une espèce "éteinte à l'état sauvage".
Le rhinocéros blanc est plus menacé par le braconnage car sa corne est plus grande et il préfère les habitats plus ouverts où il est plus repérable que le rhinocéros noir, explique l'UICN.
Les milliers de rhinocéros qui peuplaient autrefois l'Afrique et l'Asie ont été décimés par le braconnage et la perte de leur habitat. Très peu vivent encore en dehors des parcs nationaux et des réserves.

 

Sur le mĂŞme sujet :

> Toujours en danger critique d’extinction, les rhinocéros noirs d’Afrique sont un peu plus nombreux, Le Monde Afrique, 19/03/20, 21h18, Perrine Mouterde


Si le braconnage reste une menace permanente, les efforts de conservation ont permis une lente augmentation de la population de ce mammifère, observe l’UICN.
C’est une preuve, s’il en fallait, que les mesures de protection peuvent porter leurs fruits. Selon l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), qui publie jeudi 19 mars une mise à jour de sa Liste rouge des espèces menacées, la population de rhinocéros noirs d’Afrique se porte un peu mieux aujourd’hui qu’il y a huit ans. Entre 2012 et 2018, celle-ci a augmenté de 2,5 % par an, passant d’environ 4 845 à 5 630 animaux.
Selon l’UICN, cette lente amélioration devrait se poursuivre au cours des cinq prochaines années. Le diceros bicornis, ou rhinocéros noir, l’une des cinq espèces de rhinocéros – on en compte deux en Afrique et trois en Asie –, reste toutefois en danger critique d’extinction, rappelle l’organisation. Selon la Liste rouge, qui constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation des espèces végétales et animales et recense désormais 116 177 espèces, 31 030 sont menacées d’extinction.


Un nombre de rhinocéros braconnés en baisse
Ces progrès concernant la protection du rhinocéros noir s’expliquent notamment par les efforts continus menés pour lutter contre le braconnage et le commerce illégal. Car la corne de rhinocéros, utilisée notamment dans la médecine traditionnelle asiatique, reste particulièrement convoitée, même si son commerce est totalement interdit depuis 1977. « Le prix du kilo de corne a été très élevé, mais a baissé ces dernières années », précise Mike Knight, qui dirige le groupe de spécialistes des rhinocéros africains de l’UICN.
La poudre de corne est supposée soigner maux de tête, fièvres ou maladies cardiovasculaires – ce qui n’a jamais été validé scientifiquement. Depuis une dizaine d’années, elle est même présentée, au Vietnam notamment, comme un remède pour soigner les cancers. Les cornes, composées comme les ongles humains de kératine, sont aussi utilisées pour fabriquer des objets d’ornement, arborés comme signes extérieurs de richesse dans certains pays d’Asie.
Résultat, braconniers et trafiquants sont parmi les principaux prédateurs du plus gros mammifère terrestre après l’éléphant. Le commerce illégal de cornes de rhinocéros est désormais une activité structurée, dans laquelle est impliqué le crime organisé. « Les trafiquants ont recours à des méthodes de plus en plus sophistiquées pour échapper aux autorités, y compris l’usage d’hélicoptères et d’un matériel de vision nocturne pour traquer les rhinocéros, et l’administration de produits vétérinaires pour les assommer », décrit le Fonds mondial pour la nature(WWF).
> Lire aussi  « Les rhinocéros auront sûrement disparu dans une vingtaine d’années »
Selon l’UICN, les efforts engagés ont toutefois conduit à une baisse du braconnage des deux espèces de rhinocéros africains (blancs et noirs) depuis le pic de 2015. Cette année-là, plus de 1 300 animaux ont été tués ; en 2018, ils étaient moins de 900. Des données préliminaires indiquent que cette diminution s’est encore poursuivie en 2019.
« Le plus important pour lutter contre ce trafic est d’avoir de bons services de renseignement pour arrêter les braconniers avant même qu’ils n’arrivent dans les parcs, explique Mike Knight. Pour cela, il faut une implication totale des Etats : le braconnage ne doit pas être considéré comme une question relative à la faune, mais comme un problème économique. »


Les rhinocéros blancs toujours attaqués
Des mesures de gestion de la population de rhinocéros noirs ont également contribué à sa protection. Des animaux, sélectionnés au sein de groupes de populations établis, ont par exemple été déplacés pour améliorer le taux de reproduction d’autres groupes et augmenter l’aire de répartition de l’espèce. « L’objectif est de placer ces animaux dans un habitat adapté et suffisamment vaste pour qu’ils puissent se reproduire, précise Mike Knight. Parfois, des populations croissent dans une zone puis arrivent à saturation et se mettent à diminuer. En déplaçant des rhinocéros vers d’autres zones protégées, on peut maximiser la croissance des différents groupes. »
Autrefois présent dans toute l’Afrique subsaharienne, à l’exception du bassin du Congo, le rhinocéros noir vit aujourd’hui dans onze pays, principalement dans l’est et le sud du continent.
A la différence du noir, le rhinocéros blanc a vu sa population diminuer d’environ 15 % entre 2012 et 2017, le nombre d’animaux passant d’environ 21 300 à 18 000. Une baisse directement liée au braconnage dans le parc national Kruger en Afrique du Sud, où se trouve la plus grande population de rhinocéros blancs au monde. « Ce parc est aussi vaste que le Pays de Galles et a une immense frontière avec le Mozambique, rappelle Mike Knight. Et les rangers ne sont pas formés à être des troupes paramilitaires. Il est très difficile de lutter contre les braconniers. »
La moitié des rhinocéros blancs et près de 40 % des rhinocéros noirs vivent sur des terres gérées par des acteurs privés ou des communautés, notamment dans des parcs nationaux ou des réserves. « C’est grâce au soutien des rangers, des propriétaires terriens et des populations locales que l’on pourra poursuivre nos efforts », ajoute Mike Knight.

 

 

 

3- L'Observatoire des oiseaux de jardins lance le défi « Confinés mais aux aguets », Actu-environnement, 20/03/20, Hortense Chauvin

Et si l'on profitait du confinement pour observer les oiseaux qui nous entourent ? L'Observatoire des oiseaux des jardins est un projet participatif chapeauté par le Muséum national d'Histoire naturelle et la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Il lance cette semaine le défi « Confinés mais aux aguets ». L'idée ? Permettre aux Français de tromper l'ennui en participant à une grande opération de comptage des oiseaux, et ainsi faire progresser notre connaissance de l'avifaune.
« Ça permet de mobiliser les gens, de les occuper, » précise Marjorie Poitevin, responsable du programme « Sciences participatives » et des enquêtes grand public à la LPO. « Le reste de l'année, les gens n'observent les oiseaux que quand ils ont le temps. Si on les observe dix minutes par jour pendant le confinement, on ne va pas forcément observer les mêmes types d'oiseaux. On pourra ensuite agréger les données, et les scientifiques et naturalistes pourront faire une carte de France exhaustive pour savoir quelles espèces fréquentent les jardins à cette période. »

 

 

4- Equateur : le coronavirus atteint les Galapagos, patrimoine de l'humanité, AFP, 24/03/20, 17:00


La pandémie du coronavirus s'est propagée aux îles Galapagos, où quatre cas ont été confirmés dans cet archipel équatorien, patrimoine naturel de l'humanité, selon une source officielle.
"Nous avons reçu les résultats des tests de quatre habitants des îles Galapagos (...) qui étaient supposés positifs", a déclaré mardi le président du conseil de gouvernement de l'archipel, Norman Wray, en communiquant l'information sur la chaine publique EcuadorTV.
Deux des cas ont été détectés sur l'île de Santa Cruz, les deux autres sur San Cristobal. Ces habitants de l'archipel s'étaient auparavant rendus à Guayaquil, port du continent et ville la plus affectée d'Equateur par le Covid-19, avec 526 des 981 cas confirmés jusqu'à présent dans le pays, dont 18 morts.
Les Galapagos, situées à 1.000 km de la côte et qui comptent 31.600 habitants, disposent d'infrastructures sanitaires limitées. De ce fait des restrictions drastiques y ont été imposées pour éviter la propagation du virus, dont un couvre-feu de 13 heures par jour.
Il y a une semaine, l'Equateur a ordonné l'interdiction d'entrée de visiteurs dans cet archipel, à la faune et à la flore uniques au monde, et qui a reçu en 2019 271.238 personnes, en majorité des étrangers.
Les Galapagos, classées par l'Unesco sur sa liste du Patrimoine mondial, et qui font partie de la réserve mondiale de la biosphère, sont l'une des principales destinations d'Equateur pour les touristes en provenance surtout des Etats-Unis, du Royaume-Uni, d'Allemagne, du Canada, d'Australie, de France, des Pays-Bas, d'Espagne et de Suisse.
Sans donner de chiffres, M. Wray a ajouté qu'"un nombre important de personnes qui se sont rendues aux Galapagos, il y a déjà plus de 14 jours, n'ont pas encore pu en sortir", précisant qu'il s'agissait de ressortissants équatoriens et d'étrangers.
Une fois les protocoles sanitaires achevés, ces visiteurs seront acheminés en bateau vers le continent, a-t-il ajouté.
Pour enrayer la pandémie, le gouvernement équatorien a décrété l'état d'exception avec le confinement de la population, des couvres-feu, la suspension du travail et des cours en présentiel, des restrictions de circulation, la fermeture des frontières et l'interdiction du trafic aérien, n'autorisant que les vols humanitaires.
Les Galapagos, qui doivent leur nom aux tortues géantes qui les habitent, ont inspiré la théorie de l'évolution au naturaliste anglais, Charles Darwin.

 

 

5- De la Syrie à la Norvège : les graines de notre survie, Paris Match, 25/03/20, 06h36, Deborah Berthier

Quelque 110 000 semences menacées par la guerre à Alep ont trouvé refuge sous la glace du Grand Nord, dans le « coffre-fort de l’apocalypse ». Ces variétés constituent un patrimoine inestimable, car elles sont adaptées aux conditions extrêmes que la terre pourrait bientôt connaître. Le destin de l’humanité se joue peut-être dans ces petits sachets rassemblés par des chercheurs héroïques.
Maymouna Ali Sabra (photo ci-dessus) rajuste sa combinaison de ski bleu marine. Vaine tentative pour chasser la sensation de froid. Dehors, la chaleur automnale est écrasante, mais, ici, le thermomètre affiche – 18 °C en permanence. La petite chambre froide du Centre international de recherche agricole dans les zones arides (Icarda), installé dans la plaine de la Bekaa, au Liban, doit protéger ses trésors. Aussi minuscules soient-ils. Dans le cas présent, quelques dizaines de millimètres tout au plus, de simples graines, en réalité. D’une valeur pourtant inestimable. Du blé, des pois chiches, des lentilles, des haricots, des trèfles, des petits pois… que l’Icarda tient à conserver à tout prix. Une fois déjà, le centre de recherche a failli les perdre.
> Lire aussi : Icarda : Des graines pour la Syrie
La jeune assistante saisit un à un, de ses doigts engourdis, les sachets d’aluminium figurant sur sa liste. D’ici à quelques jours, les semences contenues dans les pochons gelés s’envoleront à nouveau pour le grand froid, le vrai. Celui qui, l’hiver venu, traverse le Svalbard tout entier, cet archipel norvégien planté plus haut que le cercle polaire.
Ces graines en ont avalé, des kilomètres. Il y a cinq ans, c’est de l’autre côté de la frontière, à 10 kilomètres de là, qu’elles étaient conservées. Au-delà des montagnes, en Syrie. Durant trois décennies, chercheurs et agronomes ont amassé, dans la banque de graines d’Alep, des semences venues de toute la planète, et plus particulièrement de cette région du monde que l’on appelle le Croissant fertile, aux confins de la Syrie, d’Israël, de la Palestine, de la Jordanie, du Liban, de la Turquie, de l’Irak et de l’Iran. Au total, 157 000 espèces de céréales, de légumineuses, de plantes fourragères et des centaines de milliers d’échantillons ont été collectés. Une biodiversité d’une richesse exceptionnelle. Des semences séculaires de plantes ayant réussi à s’adapter à des siècles d’évolution climatique, certaines ayant développé la capacité de pousser dans des sols très secs, d’autres dans des terres salines, d’autres encore, disparues à l’état naturel, constituent le dernier spécimen de leur espèce. Plus que leur valeur patrimoniale, c’est l’utilité de ces graines pour l’avenir qui les rend si précieuses. Ce sont elles qui, demain, nourriront la planète. Lorsque, changement climatique oblige, celles qui sont aujourd’hui cultivées par les agriculteurs ne réussiront plus à pousser.

 

 

6- «La crise du coronavirus est une crise écologique», Libération, Chronique Fil Vert, 26/03/20, 18:18
Coralie Schaub

L'écologue de la santé Serge Morand souligne le lien entre destruction de la biodiversité, élevage intensif et explosion des maladies infectieuses. Et appelle à changer d’urgence de modèle agricole, pour éviter de nouvelles crises sanitaires.
Serge Morand est écologue de la santé, directeur de recherche au CNRS et au Cirad et enseigne à la Faculté de médecine tropicale de Bangkok, en Thaïlande. Pour lui, il est urgent de préserver la diversité génétique dans la nature et l’agriculture pour éviter la multiplication des pandémies.
Plusieurs espèces d’animaux sauvages ont été accusées d’avoir transmis le Covid-19 à l’homme (pangolin, chauve-souris…). Qu’en est-il ?
Il est à 98% certain que le Covid-19 trouve son origine dans un coronavirus de chauve-souris. Mais il y a peu de chances qu’il soit passé directement de la chauve-souris à l’humain, car il faut un petit changement dans la structure du génome du virus pour lui permettre d’entrer dans les cellules humaines. Pour cela, d’autres animaux servent souvent de passerelles permettant «d’humaniser» les virus et autres pathogènes hébergés dans les animaux sauvages. C’est ce qu’on appelle «….

 

 

 

7- Montpellier : D'oĂą viennent ces perruches qui ont Ă©lu domicile dans le centre-ville ?

 

Une étude a été lancée pour mieux comprendre cette espèce, dont la population est estimée à plus de 500 dans la capitale de l'Hérault

 

A Montpellier, selon un dernier comptage, il y aurait 554 perruques à collier en liberté.

  • Une Ă©tudiante en Ă©cologie a entrepris d'Ă©tudier leurs comportements.

  • Ces oiseaux vivent principalement dans les grands parcs du centre-ville.

     

A Montpellier (Hérault), en levant les yeux au ciel, il n’est pas rare d’apercevoir des perruches à collier se balancer sur des fils électriques. Cette espèce aurait colonisé la ville depuis environ 25 ans. En contrat d’apprentissage au zoo de Lunaret, Claire Rougier, étudiante en Master d’écologie, a entamé une enquête, la toute première, pour mieux connaître cette population qui égaye les déjeuners au soleil des Montpelliérains.

 

« Le zoo avait déjà reçu de nombreux mails d’habitants, qui se demandaient pourquoi ils avaient relâché des perruches ! », sourit Claire Rougier. Non, à Montpellier, ce n’est pas le zoo qui a laissé s’envoler ces volatiles, admirés pour leurs splendides robes vert pomme ou bleu ciel. Mais il s’agit, c’est vrai, d’une espèce d’origine afro-asiatique, sédentaire, qui a été importée par l’homme partout dans le monde, à la faveur de relâchages accidentels qui ont entraîné la création de populations locales. Comme à Bruxelles, où plusieurs dizaines se sont envolées d’un parc dans les années 1970.

Vendues sur les marchés sous l’Empire Romain

« En fonction des territoires, il y a des historiques différents, confie Claire Rougier. A Montpellier, aucun événement d’introduction majeur n’a été documenté. Cela s’est fait de manière plus diffuse. Au IVe siècle avant J.C., des perruches d’Asie étaient vendues sur les marchés en mer Méditerranée sous l’Empire Romain. Sur le pourtour méditerranéen, cela fait donc très longtemps qu’il y a des perruches échappées. Et comme dans certaines villes, les populations sont devenues très importantes, bien qu’elle ne soit pas migratrice, la perruche s’est déplacée, elle est allée dans une ville voisine pour trouver un nouveau site de reproduction. C’est sans doute ce qu’il est arrivé à Montpellier. »



Sans doute y a-t-il aussi, à Montpellier, des perruches qui se sont tout simplement envolées de leurs cages, chez des particuliers, et qui ont trouvé refuge parmi la population sauvage. Dans la capitale héraultaise, la population de perruches à collier est estimée à 554, selon le dernier décompte, effectué en janvier dernier. On en trouve aussi dans d’autres villes du pourtour méditerranéen, à Marseille, Nîmes ou Sète.

Dans les parcs du centre-ville

« Partout en Europe, on les trouve plutôt dans des zones périurbaines, à Montpellier, c’est plutôt dans le centre-ville, détaille l’étudiante en écologie. Ce n’est pas parce qu’elles aiment le béton, mais parce qu’à Montpellier, même dans le cœur de la ville, il y a énormément de parcs et de jardins. Les perruches vont dans de grands jardins, avec de vieux arbres, car elles recherchent des cavités qui se situent au minimum à huit mètres de haut. Avec, c’est très important, un point d’eau à proximité, soit des étangs, des fleuves. Et pour se nourrir, elles recherchent notamment des arbres fruitiers. A Montpellier, on en trouve par exemple au parc Rimbaud ou au parc Méric. »

L’étude de Claire Rougier est prévue jusqu’à la fin du mois d’août. Il n’est pas donc pas exclu que l’on perce encore quelques-uns des secrets les mieux gardés de ces oiseaux.


Nicolas Bonzom



8- Australie : Le koala pourrait disparaître du sud du pays d’ici à 2050

Sécheresse, déforestation et récents incendies expliqueraient cette possible extinction

 

Huit mois après les incendies qui avaient ravagé le sud de l'Australie et décimé une partie de l’espèce, les koalas sont plus que jamais en danger. Un rapport du parlement régional vient d’être publié et le constat est sans appel. Si le gouvernement n’intervient pas rapidement pour protéger l’espèce, le koala s'éteindra en Nouvelle-Galles du Sud avant 2050.

Sécheresse, déforestation et récents incendies expliqueraient cette possible future extinction. Les feux qui ont touché le Sud australien fin 2019 ont été particulièrement meurtriers pour l'espèce. Mais le réchauffement climatique joue aussi un rôle car il augmente ces situations à risque pour les koalas.

Le rapport appelle à accroître les fonds dédiés à la protection des koalas et à développer les politiques visant à réduire le réchauffement climatique.

 

L,A,

“J’ai lu quelque part que cet arbre est une des espèces qui diffuse le plus d’oxygène” explique un jeune volontaire à Associated Press, fier du ficus qu’il vient tout juste de planter dans la forêt de la réserve Kukrail.
“Il y a tellement de pollution en ville que nous avons besoin des arbres pour produire de l’oxygène”
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d’Uttar Pradesh, planter autant d’arbres encouragera la prise de conscience de l’importance du reboisement des forêts, et la nécessité de conserver et protéger l’environnement. “De sérieux efforts sont primordiaux pour réduire les émissions de carbone et limiter les effets du changement climatique,” a-t-il également déclaré. “Uttar Pradesh a fait un premier pas dans cette démarche.”
Les gouverneurs des 29 États de l’Inde sont vivement encouragés à lancer des opérations de reforestation, pour augmenter le nombre d’arbres dans tout le pays. Ces actions environnementales font partie des engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu à Paris, entre novembre et décembre 2015.
L’État a mis de côté près de 6,2 milliards de dollars (soit environ 5,6 milliards d’euros) pour des initiatives similaires, et espère honorer sa promesse, qui consiste à replanter l’équivalent de 95 millions d’hectares de forêt d’ici 2030. Des gardes-chasse à la retraite seront chargés de surveiller les régions où les arbres ont été plantés, afin d’observer et de contrôler la bonne croissance des jeunes plants. Seuls 60% d’entre eux sont destinés à pousser correctement.

 

 

4- La "mémoire" de la glace du Mont-Blanc bientôt conservée en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des échantillons de glaciers en Antarctique: l'idée peut paraître saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une équipe de chercheurs qui va se rendre en août sur le Mont-Blanc pour y prélever de la glace menacée par le réchauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques glaçons. La glace est un puits d'information", explique à l'AFP Jérôme Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire de Glaciologie et Géophysique de l'Environnement (LLGE) à Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues français, italiens et russes vont passer plusieurs jours à 4.300 mètres d'altitude, au col du Dôme, pour forer trois carottes de glace de 140 mètres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de césium 137 en avril 1986" après la catastrophe de Tchernobyl, sourit Jérôme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers évoluent - fondent - tout aussi rapidement, à tel point que ceux qui culminent à moins de 3.500 mètres devraient disparaître avant la fin du siècle dans les Alpes. Dans les Andes, le glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait à 5.300 mètres, a disparu dès 2009.
"Cette année, il y a eu de la fonte à 6.000 mètres sur l'Illimani avec le phénomène climatique El Niño", souligne Patrick Ginot, ingénieur de recherche à l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour analyser mais on n'aura peut-être plus les carottes de glace", pointe Jérôme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues espèrent donc effectuer une vingtaine de carottages sur des sites répartis sur tous les continents. L'ensemble des carottes seront conservées dans une cave de neige à Concordia, "un congélateur naturel à -50°C", à l'abri des pannes électriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.