mťdaillon
Revue de presse de Mai 2019

1- Paris accueille un sommet crucial pour la biodiversité : une espèce sur huit est menacée d'extinction, France Inter, 29/04/19, 06h00. Célia Quilleret


2- 130 pays au chevet de la nature si vitale pour l'humanité, AFP, 29/04/19, 06:00. Amélie Bottollier-Depois


3- La destruction de la nature, une menace pour l'Homme autant que le réchauffement, AFP, 29/04/19, 12:00  Amélie Bottollier-Depois


4- Biodiversité : en France, un très riche patrimoine naturel en péril, Le Monde, 29/04/19, 12h50  Pierre Le Hir


5- Brésil : Amazonie, Pantanal, alerte sur des sanctuaires de la biodiversité, AFP, 02/05/19, 17:00  Pascale Trouillaud


6- Biodiversité : un million d'espèces menacées, France 2, journal de 20h, 06/05/19


**********


1- Paris accueille un sommet crucial pour la biodiversité : une espèce sur huit est menacée d'extinction, France Inter, 29/04/19, 06h00. Célia Quilleret

Une telle réunion n'avait pas eu lieu depuis 15 ans : 150 experts de 50 pays se réunissent au siège de l'UNESCO, à partir de ce lundi, pour rédiger une évaluation mondiale de l'état de la biodiversité dans le monde. Cette plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité est déterminante.
Un rapport de 1800 pages sera d√®s ce lundi sur la table des¬†repr√©sentants de 130 √Čtats-membres. Ils vont pouvoir en d√©battre pendant une¬†semaine pour √©tablir un "r√©sum√© pour les d√©cideurs", un¬†texte qui¬†fera date, l'√©quivalent du rapport du Giec pour le climat. ¬†¬†
Or le constat, qui compile des milliers d'√©tudes sur la¬†biodiversit√©, est tr√®s alarmant. Pr√®s d'un million d'esp√®ces, sur 8 millions d'esp√®ces¬†connues, seraient en effet gravement menac√©es. Premier¬†consensus, la plan√®te¬†vit la 6e extinction de masse des ses esp√®ces et c'est la¬†premi√®re dont les hommes sont responsables. "60% des animaux¬†vert√©br√©s ont disparu en 40 ans" pr√©cise Arnaud¬†Gauffier, l'un des¬†responsables du WWF, tr√®s investi dans cette plateforme. Il s'en r√©f√®re au¬†rapport¬†"Plan√®te Vivante"¬†publi√© l'an dernier.¬†"_500 000 √† un million d'esp√®ces pourraient dispara√ģtre_, ce r√©sultat¬†est plausible parce¬†qu'on a perdu plus de la moiti√© des zones de mangroves,¬†parce que la d√©forestation ne cesse de s'amplifier, et si on regarde les zones¬†de p√™che, 90% des stocks sont surexploit√©s ou exploit√©s au maximum",¬†d√©taille-t-il. "Les impacts sont donc majeurs et concernent¬†l'ensemble des √©cosyst√®mes", selon lui.



2- 130 pays au chevet de la nature si vitale pour l'humanité, AFP, 29/04/19, 06:00. Amélie Bottollier-Depois

Scientifiques et diplomates de 130 pays se réunissent à partir de lundi à Paris pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans, un sombre inventaire de la nature vitale pour l'humanité.
La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), créée en 2012, a publié l'an dernier des rapports régionaux déjà alarmants.
Mais le rapport de 1.800 pages sur lequel travaillent 150 experts depuis trois ans devrait devenir la véritable référence scientifique en matière de biodiversité comme le sont ceux du Giec pour le climat.
Et si le mot "biodiversité" semble parfois bien abstrait, il concerne toutes les espèces animales ou végétales vivant sur la planète, y compris celle qui se met elle-même en danger en détruisant la nature: l'Homme.
"Jusqu'à maintenant, nous avons parlé de l'importance de la biodiversité principalement d'un point de vue environnemental", note Robert Watson, patron de l'IPBES.
"Maintenant, nous insistons sur le fait que la nature est cruciale pour la production alimentaire, pour l'eau pure, pour les médicaments et même la cohésion sociale", insiste-t-il.
Insectes pollinisateurs, forêts et océans absorbant le CO2, bois pour se chauffer... La nature rend en effet des services inestimables.
Mais "le patrimoine environnemental mondial (...) est en train d'être altéré à un niveau sans précédent", met en garde le projet de synthèse du rapport obtenu par l'AFP, projet qui sera discuté, amendé et adopté ligne par ligne par les délégués avant sa publication le 6 mai.
Un quart des 100.000 espèces aujourd'hui évaluées --une portion minime des 8 millions estimées sur Terre-- sont déjà menacées d'extinction, sous pression de l'agriculture, de la pêche, de la chasse, ou encore du changement climatique.
Mais "une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces" est attendue par les scientifiques, selon le projet de rapport. Et entre 500.000 et un million devraient devenir à leur tour menacées, dont "beaucoup dans les prochaines décennies".



3- La destruction de la nature, une menace pour l'Homme autant que le réchauffement, AFP, 29/04/19, 12:00  Amélie Bottollier-Depois

Le message lancé lundi à l'ouverture d'une réunion mondiale sur la biodiversité est clair : la destruction de nature menace l'Homme "au moins autant" que le changement climatique et mérite donc autant d'attention pour éviter des impacts dévastateurs.
Scientifiques et diplomates de plus de 130 pays sont réunis jusqu'à samedi pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans, un sombre inventaire de la nature vitale pour l'humanité.
"Les preuves sont incontestables : notre destruction de la biodiversité et des services écosystémiques a atteint des niveaux qui menacent notre bien-être au moins autant que les changements climatiques induits par l'Homme", a déclaré Robert Watson, président de Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES).
Le groupe d'experts a travaillé pendant trois ans sur un rapport de 1.800 pages qui devrait devenir la véritable référence scientifique en matière de biodiversité comme le sont ceux du Giec pour le climat.
Si le mot "biodiversité" semble parfois bien abstrait, il concerne toutes les espèces animales ou végétales vivant sur la planète, y compris celle qui se met elle-même en danger en détruisant la nature : l'Homme. Et l'Homme ne peut vivre sans cette nature qui lui rend des services inestimables, des insectes pollinisateurs aux forêts et océans absorbant le CO2, en passant par les médicaments ou l'eau potable.
Alors comme pour le climat, "ce mois d'avril 2019 peut marquer le début d'un +tournant parisien+ similaire pour la biodiversité et les contributions de la nature aux populations", a estimé M. Watson.
Beaucoup espèrent que cette évaluation sera le prélude à l'adoption d'objectifs ambitieux lors de la réunion en 2020 en Chine des Etats membres de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (COP15).
Quasiment aucun des 20 objectifs précédemment définis pour 2020, qui visent une vie "en harmonie avec la nature" d'ici 2050, ne seront atteints, selon le projet de synthèse du rapport obtenu par l'AFP, projet qui sera discuté, amendé et adopté ligne par ligne par les délégués avant sa publication le 6 mai.
"Le patrimoine environnemental mondial (...) est en train d'être altéré à un niveau sans précédent", met en garde ce texte.
Un quart des 100.000 espèces évaluées --une portion minime des 8 millions estimées sur Terre-- sont déjà menacées d'extinction, sous pression de l'agriculture, de la pêche, de la chasse, ou encore du changement climatique.
Mais "une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces" est attendue par les scientifiques, selon le projet de rapport. Et entre 500.000 et un million devraient devenir à leur tour menacées, dont "beaucoup dans les prochaines décennies".


- "En train de mourir" -
Des projections en accord avec ce que décrivent depuis des années certains scientifiques : le début de la 6e "extinction de masse", la première depuis l'arrivée des hommes sur la planète.
"Ce rapport fondamental rappellera à chacun d'entre nous ce constat criant de vérité : les générations actuelles ont la responsabilité de léguer aux générations futures une planète qui n'est pas irrémédiablement endommagée par les activités humaines", a déclaré Audrey Azoulay, directrice générale de l'Unesco qui accueille la réunion.
"La science nous dit ce que nos savoirs traditionnels signalaient depuis des décennies : la Terre est en train de mourir", a noté Jose Gregorio Mirabal, président de la COICA, organisation qui rassemble des organisations indigènes du bassin amazonien.
"Nous appelons de façon urgente à un accord international pour la nature, pour restaurer la moitié du monde naturel aussi vite que possible", a-t-il ajouté, alors que ce rapport mondial prend pour la première fois en compte les savoirs, les problèmes et les priorités des peuples autochtones.
Le texte fait clairement le lien entre les deux menaces majeures que sont le réchauffement et les atteintes à la nature, identifiant certaines causes similaires, en particulier les pratiques agricoles et la déforestation, responsables d'environ un quart des émissions de CO2 mais aussi de graves dommages directs aux écosystèmes.
Mais vu l'ampleur des réformes à mettre en place, qui impliquent une véritable transformation de nos modes de vie sur une planète de plus en plus peuplée, les résistances risquent d'être encore plus fortes que pour la lutte contre le changement climatique
.



4- Biodiversité : en France, un très riche patrimoine naturel en péril, Le Monde, 29/04/19, 12h50  Pierre Le Hir

Le pays figure parmi ceux qui hébergent le plus grand nombre d’espèces menacées au niveau mondial. 
Porter l’enjeu de la biodiversité au même niveau que celui du climat. C’est la volonté affichée par la France qui, pour manifester son engagement, a souhaité accueillir, du 29 avril au 4 mai à Paris, la session de travail de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), mais aussi, en juin 2020 à Marseille, le congrès mondial de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Deux rendez-vous auxquels s‚Äôajoutent, les 5 et 6 mai √†¬†Metz, le G7 de l‚Äôenvironnement o√Ļ les chercheurs pr√©senteront leurs¬†conclusions, puis, du 25 au 27 ao√Ľt √† Biarritz, le sommet du G7, dont la¬†France assure la pr√©sidence et dont l‚Äôun des axes de travail sera la d√©fense de¬†la biodiversit√©.
> Lire aussi ¬†¬ę Alerte¬†rouge ¬Ľ sur la perte mondiale de biodiversit√©
Dans ce domaine, la France a une responsabilit√©¬†particuli√®re. Gr√Ęce √† ses territoires ultramarins et aux pr√®s de¬†11 millions de kilom√®tres carr√©s d‚Äôespace oc√©anique plac√©s sous sa¬†juridiction, elle¬†abrite environ 10 % de la biodiversit√© mondiale. Elle¬†compte ainsi plus de 19 000 esp√®ces end√©miques (qui ne vivent nulle part¬†ailleurs sur la plan√®te), dont 80 % en outre-mer.


Tableau inquiétant
Mais elle compte aussi parmi les dix pays h√©bergeant le plus¬†grand nombre d‚Äôesp√®ces menac√©es au niveau mondial. Sur les quelque 5 000¬†esp√®ces de faune et de flore √©valu√©es par l‚ÄôUICN ‚Äď soit¬†moins de 3 % des¬†esp√®ces connues en France m√©tropolitaine et ultramarine ‚Äď, 26 % sont¬†class√©es en danger d‚Äôextinction. Dans l‚ÄôHexagone, pour les quatre groupes¬†majeurs que sont les¬†mammif√®res, les oiseaux nicheurs, les reptiles et les¬†amphibiens, le risque s‚Äôest m√™me accru de 15 % entre les ann√©es 2008-2009¬†et 2015-2017.
Tel est l‚Äôinqui√©tant¬†tableau¬†bross√©, fin 2018, par le Commissariat g√©n√©ral au d√©veloppement¬†durable, l‚ÄôAgence fran√ßaise pour la biodiversit√© et l‚ÄôObservatoire national de¬†la biodiversit√©. D‚Äôautres chiffres sont¬†tout aussi pr√©occupants. En vingt ans,¬†les populations d‚Äôoiseaux des milieux agricoles ont chut√© de 33 % et¬†celles des milieux b√Ętis de 30 %, tandis que celles des milieux forestiers¬†affichent une relative¬†stabilit√© (‚Äď 3 %). En √† peine dix ans, les¬†chauves-souris ont perdu 38 % de leurs effectifs. Quant aux r√©cifs¬†coralliens, qui constituent des oasis de biodiversit√© et dont la France abrite¬†10 % du total mondial,¬†ils sont en recul pour 29 % d‚Äôentre eux, seuls¬†11 % √©tant en croissance.
Ce n’est pas tout. Sur la période 2007-2012, seuls 22 % des habitats naturels d’intérêt communautaire (des prairies, marais, dunes ou chênaies dont une directive européenne exige le maintien et l’amélioration…) étaient dans un état de conservation jugé favorable.
La faute, pour l‚Äôessentiel, aux ¬ę pressions¬†exerc√©es par les activit√©s humaines ¬Ľ, au premier rang desquelles¬†l‚Äôartificialisation des sols. Entre 2006 et 2015, pr√®s de 600 000 hectares¬†suppl√©mentaires¬†ont √©t√© ¬ę b√©tonn√©s ¬Ľ ‚Äď l‚Äô√©quivalent d‚Äôun d√©partement¬†comme la Dr√īme ‚Äď, le plus frappant √©tant que l‚Äôaugmentation des surfaces¬†artificialis√©es, de 1,4 % par an en moyenne, est presque trois fois¬†sup√©rieure √† celle de la population fran√ßaise sur la m√™me p√©riode. Aujourd‚Äôhui,¬†pr√®s de 10 % du territoire m√©tropolitain, soit 800 m√®tres carr√©s par¬†habitant, est ainsi soustrait √† la nature.


¬ę Z√©ro artificialisation nette ¬Ľ des sols
Certes, quelques indicateurs montrent une légère amélioration : l’état écologique de 44,2 % des eaux de surface était évalué comme bon ou très bon en 2015, une progression de… 0,8 % par rapport à 2010. Et la contamination des cours d’eau par les nitrates et les produits phosphatés a diminué de respectivement 11 % et 50 % en vingt ans. Cela, en dépit de l’augmentation de 12 % de la vente de pesticides à usage agricole sur la période 2014-2016, par rapport aux années 2009-2011. Un résultat très éloigné de l’objectif du plan Ecophyto lancé à la suite du Grenelle de l’environnement de 2008, qui visait à réduire de 50 % l’usage de ces produits en dix ans, une cible depuis repoussée à 2025.
Pour mieux prot√©ger son patrimoine naturel, le gouvernement¬†a annonc√©, en juillet 2018, un ¬ę¬†plan¬†Biodiversit√©¬†¬Ľ pr√©voyant un catalogue de 90 mesures, dont ¬ę z√©ro¬†artificialisation nette ¬Ľ des sols ‚Äď √† une¬†√©ch√©ance qui reste √†¬†pr√©ciser ‚Äď et ¬ę z√©ro plastique rejet√© en mer ¬Ľ √† l‚Äôhorizon¬†2025. A la cl√©, 600 millions d‚Äôeuros de cr√©dits publics sur quatre ans,¬†qui s‚Äôajoutent, selon le minist√®re de la transition √©cologique¬†et solidaire,¬†aux ¬ę 2 milliards d‚Äôeuros par an ¬Ľ consacr√©s par la¬†France √† la biodiversit√©, mais que les ONG environnementales jugent¬†insuffisants.
R√©agissant √† l‚Äôintervention d‚ÄôEmmanuel Macron, jeudi¬†25 avril, √† l‚Äôissue du grand d√©bat national,¬†onze¬†ONG¬†estiment qu‚Äô¬ę aucune des annonces du pr√©sident de la¬†R√©publique n‚Äôest venue r√©pondre aux¬†attentes ¬Ľ sur la biodiversit√©.¬†Elles ajoutent : ¬ę Le patrimoine naturel n‚Äôest ni une variable¬†d‚Äôajustement ni une cause secondaire. Il devrait figurer parmi les causes¬†nationales prioritaires. ¬Ľ Pour convaincre de¬†sa d√©termination √†¬†pousser les n√©gociations internationales en faveur du vivant, la France devra¬†commencer par se montrer exemplaire pour sa propre biodiversit√©.



5- Brésil : Amazonie, Pantanal, alerte sur des sanctuaires de la biodiversité, AFP, 02/05/19, 17:00  Pascale Trouillaud

Le Brésil abrite plus de la moitié de la biodiversité mondiale, mais des paradis écologiques comme l'Amazonie ou le Pantanal sont menacés par la voracité de lobbys, qui ont trouvé leur champion en Jair Bolsonaro.
Propriétaires terriens qui abattent des arbres multicentenaires pour faire place au soja, orpailleurs qui polluent au mercure les rivières nourrissant les autochtones ou trafiquants de bois qui déciment les essences précieuses, la biodiversité souffre dans le pays-continent.
D'autant que le pr√©sident Bolsonaro, arriv√© au pouvoir en¬†janvier notamment gr√Ęce au lobby de l'agro-n√©goce, veut en finir avec ce qu'il¬†appelle "l'activisme √©cologiste chiite".
"Ça passe un message aux agriculteurs et surtout aux mafias du crime organisé qui occupent les terres", déplore Emilio La Rovere, directeur du laboratoire d'études sur l'environnement de l'Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ). 
La déforestation, qui avait baissé de manière spectaculaire en Amazonie de 2004 à 2012, est repartie de plus belle en janvier: +54% par rapport à janvier 2018, d'après l'ONG Imazon. 
Même si elle a ensuite baissé en février (-57%) et mars (-77%), 268 km2 de forêt ont disparu au premier trimestre. Sur les 12 derniers mois, la déforestation a progressé de 24%.
"Avant, on prenait notre nourriture directement dans¬†les arbres, √† pr√©sent, il faut planter", se d√©solait r√©cemment le vieil¬†indig√®ne Mojtidi Arara, fine baguette dans le nez, rencontr√© par l'AFP en¬†Amazonie. Il avait d√Ľ faire une heure de marche dans la brousse pour aller¬†chercher des r√©gimes de bananes.


- "Stades de football" -
"Des projets de loi très inquiétants ont été déposés devant le Parlement", déclare Andrea Mello, du Fonds Brésilien pour la biodiversité (Funbio). L'un d'eux "supprime toutes les réserves" naturelles, soit "l'équivalent de trois fois l'Etat de Bahia", ou trois fois la France.
"Poumon de la planète", l'Amazonie compte un nombre impressionnant d'espèces: 40.000 de plantes, 3.000 de poissons d'eau douce, près de 1.300 d'oiseaux, 370 de reptiles.
Elle est l'un des ultimes refuges du roi des forêts d'Amérique latine, le jaguar, mais aussi des dauphins roses, menacés d'extinction. Elle a encore bien des secrets à livrer puisque en 20 ans, 2.200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrés y ont été découvertes.
Pourtant, ce sont des surfaces calcul√©es en "terrains¬†de football" qui disparaissent chaque jour en Amazonie. Ces surface¬†d√©forest√©es sont √† 80% occup√©es par des p√Ęturages, selon le WWF.¬†
Souvent, les arrivants accaparent les terres -- indigènes ou parcs nationaux y compris -- en y mettant quelques vaches, suffisamment pour obtenir la certification de "terre productive" permettant de revendre au bout de dix ans. 
"C'est la force majeure derrière le phénomène de déforestation dans ce nouveau Far West", explique M. La Rovere. Pourtant, le Brésil "a une surface de terres cultivables suffisante pour augmenter sa production jusqu'à la fin du siècle sans avoir à toucher à un hectare de forêt en plus".
La déforestation contamine les écosystèmes aquatiques et contribue au dérèglement climatique en émettant des millions de tonnes de carbone dans l'atmosphère.


- Jaguar, loutre géante -
Moins connu, le Pantanal (centre-ouest) est un autre immense sanctuaire de biodiversité fragilisé, qui compte la plus grande concentration d'animaux sauvages d'Amérique du Sud et plus de 665 espèces d'oiseaux. 
Les inondations qui submergent chaque année cette gigantesque plaine permettent la migration et la génération d'une énorme quantité de poissons, oiseaux, reptiles ou plantes.
Le jaguar, la loutre g√©ante, l'ara hyacinthe, mais aussi le¬†ca√Įman ou le grand oiseau jabiru sont les attractions de l'√©cotourisme de la¬†r√©gion.
Là aussi la biodiversité est en danger: déforestation et érosion des sols, pesticides avec le soja, surpêche, barrages hydro-électriques qui perturbent le délicat cycle hydraulique, extraction minière et pollution, braconnage et tourisme sauvage.
Enfin la Forêt atlantique ("Mata atlantica") est un autre grand ensemble au Brésil d'écosystèmes de forêts luxuriantes qui s'étire le long du littoral sur 100.000 km2, de Natal, au nord, jusqu'au Sud, et qu'on retrouve même au coeur de Rio de Janeiro.
Contrairement à l'Amazonie, elle a commencé à être massacrée par l'homme dès la colonisation. Plantations de canne à sucre et de café puis fragmentation avec l'urbanisation progressive du littoral l'ont laissée en lambeaux.
"Aujourd'hui, on a défriché 20% de la forêt amazonienne, mais il ne reste que 15% de la Forêt atlantique", dit M. La Rovere. 
Pourtant, on reboise la Mata, des espèces comme le tamarin-lion doré, menacé d'extinction, revivent. "Les Etats (plus riches) du Sud-est ont des moyens et font des efforts".



6- Biodiversité : un million d'espèces menacées, France 2, journal de 20h, 06/05/19

Pendant trois ans, des scientifiques ont observé à la loupe la biodiversité. La journaliste Valérie Heurtel, présente sur le plateau de France 2, détaille les conclusions des scientifiques.
Les scientifiques ont observé la planète sur une période de trois ans, et leurs conclusions sont inquiétantes. Sur huit millions d'espèces, un million d'entre elles sont menacées ou ont disparu à cause de l'activité humaine. "On a perdu 40% des amphibiens et 33% des coraux. En 13 ans, 7% des forêts ont été rayées de la carte", explique la journaliste Valérie Heurtel, présente sur le plateau du 20 heures de France 2.

 

"75% des surfaces terrestres et 66% du milieu marin¬†sont ab√ģm√©s"
L'Homme est le premier responsable du tarissement de la¬†biodiversit√©."L'activit√© √©conomique, l'√©levage¬†intensif et la surp√™che font des ravages", pr√©cise la journaliste. Chaque¬†ann√©e, l'industrie d√©verse 400¬†millions de tonnes de m√©taux lourds dans les¬†oc√©ans. "85% des zones mar√©cageuses ont √©t√© d√©truites, 75% des¬†surfaces terrestres et 66% du milieu marin sont ab√ģm√©s par l'esp√®ce¬†humaine", indique¬†√©galement Val√©rie Heurtel. Il est possible de changer la¬†donne, mais il faudrait un changement radical dans le mode de vie humain. Il¬†faudrait notamment acheter moins de viande, et acheter du poisson issu¬†de la¬†p√™che durable.

Leur but est d’encourager la reforestation dans cette région particulièrement dense en population, afin de réguler la pollution et, au passage, battre le record du monde de 847 275 arbres plantés en une journée, détenu par le Pakistan depuis 2013.
Des étudiants et des femmes au foyer ainsi que des législateurs et des fonctionnaires du gouvernement sont venus nombreux, armés de jeunes plants, motivés par l’idée de se faire une place dans le Guinness Book.
‚ÄúJ‚Äôai lu quelque part que cet arbre est une des esp√®ces qui¬†diffuse le plus d‚Äôoxyg√®ne‚ÄĚ explique un jeune volontaire √†¬†Associated¬†Press, fier du ficus qu‚Äôil vient tout juste de planter¬†dans la¬†for√™t de la r√©serve Kukrail.
‚ÄúIl y a tellement de pollution en ville que nous avons¬†besoin des arbres pour produire de l‚Äôoxyg√®ne‚ÄĚ
Pour Akhilesh Yadav, ministre en chef d‚ÄôUttar Pradesh,¬†planter autant d‚Äôarbres encouragera la prise de conscience de l‚Äôimportance du¬†reboisement des for√™ts, et la¬†n√©cessit√© de conserver et prot√©ger¬†l‚Äôenvironnement. ‚ÄúDe s√©rieux efforts sont primordiaux pour r√©duire les¬†√©missions de carbone et limiter les effets du changement¬†climatique,‚ÄĚ a-t-il¬†√©galement d√©clar√©. ‚ÄúUttar Pradesh a fait un premier pas dans cette d√©marche.‚ÄĚ
Les gouverneurs des 29 √Čtats de l‚ÄôInde sont vivement¬†encourag√©s √† lancer des op√©rations de reforestation, pour augmenter le nombre¬†d‚Äôarbres dans tout le pays. Ces¬†actions environnementales font partie des¬†engagements pris par le gouvernement Indien, lors de la COP 21 qui a eu lieu √†¬†Paris, entre novembre et d√©cembre 2015.
L‚Äô√Čtat a mis de c√īt√© pr√®s de 6,2 milliards de dollars (soit¬†environ 5,6 milliards d‚Äôeuros) pour des initiatives similaires, et¬†esp√®re honorer sa promesse, qui consiste √†¬†replanter l‚Äô√©quivalent de 95¬†millions d‚Äôhectares de for√™t d‚Äôici 2030. Des gardes-chasse √† la¬†retraite seront charg√©s de surveiller les r√©gions o√Ļ les arbres ont √©t√©¬†plant√©s, afin¬†d‚Äôobserver et de contr√īler la bonne croissance des jeunes plants.¬†Seuls 60% d‚Äôentre eux sont destin√©s √† pousser correctement.

 

 

4- La "m√©moire" de la glace du Mont-Blanc bient√īt¬†conserv√©e en Antarctique, AFP, 12/07/16, 12:00
Antoine Agasse


Stocker des √©chantillons de glaciers en Antarctique: l'id√©e¬†peut para√ģtre saugrenue. C'est pourtant l'objectif d'une √©quipe de chercheurs¬†qui va se rendre en ao√Ľt sur le¬†Mont-Blanc pour y pr√©lever de la glace menac√©e¬†par le r√©chauffement climatique.
"Ce n'est pas pour le plaisir de garder quelques¬†gla√ßons. La glace est un puits d'information", explique √† l'AFP J√©r√īme¬†Chappellaz, directeur de recherche au Laboratoire¬†de Glaciologie et G√©ophysique¬†de l'Environnement (LLGE) √† Grenoble.
Au total, une douzaine de glaciologues fran√ßais, italiens et¬†russes vont passer plusieurs jours √† 4.300 m√®tres d'altitude, au col du D√īme,¬†pour forer trois carottes de glace de¬†140 m√®tres de long.
Ces "échantillons" de plusieurs tonnes seront conditionnés dans des caisses isolantes puis une des carottes sera analysée au laboratoire de Grenoble pour constituer une base de données ouverte à tous les scientifiques. Les deux autres devraient rejoindre la base franco-italienne Concordia, en Antarctique, à l'horizon 2019 ou 2020.
Une opération de carottage est également programmée au printemps 2017 sur le glacier de l'Illimani, à 6.300 mètres d'altitude, en Bolivie, dans des conditions nettement plus difficiles.
Objectif : conserver pour des siècles la "mémoire de la glace", une "matière première" extrêmement précieuse pour les scientifiques.


- Recherche sur les virus -
En se formant sous l'effet des chutes de neige, les glaciers emprisonnent en effet de petites bulles d'air et des impuretés, témoins - en profondeur - de l'atmosphère d'il y a plusieurs dizaines ou milliers d'années.
C'est ainsi que les glaciologues ont pu établir le lien entre températures et gaz à effet de serre. Sur les glaciers du Mont-Blanc, les chercheurs peuvent étudier l'évolution de la pollution ou de l'activité industrielle au niveau européen sur une centaine d'années.
"On a ainsi un joli pic de c√©sium 137 en avril¬†1986" apr√®s la catastrophe de Tchernobyl, sourit J√©r√īme Chappellaz.
Et au regard de l'évolution très rapide des technologies, "on est incapables de dire ce qu'on sera capables de faire scientifiquement dans 50 ans ou 100 ans", souligne-t-il: "Qu'est-ce qu'on pourra mesurer? Pour en tirer quoi comme information liée à l'environnement, au climat ou à la biologie ?"
Le chercheur cite notamment les recherches sur les mutations de virus ou de bactéries, piégés dans la glace, comme piste de travail possible.
Mais les glaciers √©voluent - fondent - tout aussi¬†rapidement, √† tel point que ceux qui culminent √† moins de 3.500 m√®tres¬†devraient dispara√ģtre avant la fin du si√®cle dans les¬†Alpes. Dans les Andes, le¬†glacier de Chacaltaya (Bolivie), qui culminait √† 5.300 m√®tres, a disparu d√®s¬†2009.
"Cette ann√©e, il y a eu de la fonte √† 6.000 m√®tres sur¬†l'Illimani avec le ph√©nom√®ne climatique El Ni√Īo", souligne Patrick Ginot,¬†ing√©nieur de recherche √† l'Institut de¬†recherche pour le d√©veloppement (IRD) et¬†un des initiateurs du projet.
Dans 50 ans, "on aura sans doute les outils pour¬†analyser mais on n'aura peut-√™tre plus les carottes de glace", pointe¬†J√©r√īme Chappellaz.


- "Congélateur naturel" -
Dans les dix ans qui viennent, les glaciologues esp√®rent donc¬†effectuer une vingtaine de carottages sur des sites r√©partis sur tous les¬†continents. L'ensemble des carottes¬†seront conserv√©es dans une cave de neige √†¬†Concordia, "un cong√©lateur naturel √† -50¬įC", √† l'abri des pannes¬†√©lectriques ou des attentats.
Le projet, qui s'inscrit dans un programme de l'Unesco, est notamment soutenu par le CNRS, l'Université Ca’Foscari de Venise et l'Université Grenoble Alpes (UGA).
Mais faute de retombées immédiates en termes de recherche, les financeurs traditionnels n'ont pas pu être sollicités. La fondation UGA a donc fait appel au mécénat privé pour trouver les quelque deux millions d'euros nécessaires sur cinq ans.